Les Nations Unies accordent un statut officiel à un groupe international des droits LGBT basé aux États-Unis

Une victoire contre le silence homophobe de la société civile

Pour une diffusion immédiate

Contacts presse :

Sara Perle, New York: +1 212-430-6015, sperle@iglhrc.org (anglais/italien)
Jessica Stern, New York: +1 212-430-6014, jstern@iglhrc.org (anglais)
Cary Alan Johnson, Vienna: + 1 347-515-0330, cjohnson@iglhrc.org (anglais/français)
Marcelo Ferreyra, Buenos Aires: +54 11-4665-7527, mferreyra@iglhrc.org (espagnol/anglais)

(Le 19 juillet 2010) Le 19 juillet 2010, la séance plénière du Conseil économique et social (ECOSOC) des Nations Unies a voté en faveur d'une résolution américaine d'accorder le statut consultatif à la Commission Internationale Des droits Humains des Gais et Lesbiennes (International Gay and Lesbian Human Rights Commission - IGLHRC).

L'IGLHRC n'est que le dixième organisme travaillant principalement pour les droits de l'homme des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres (LGBT) à obtenir un tel statut aux Nations Unies.

"La décision d'aujourd'hui est une affirmation que les voix des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres ont une place aux Nations Unies dans le cadre d'une communauté vitale de la société civile", a déclaré Cary Alan Johnson, directeur exécutif de l'IGLHRC. "Le message est clair, c'est que ces voix ne doivent pas être réduites au silence et que les droits de l'homme ne peuvent pas être refusés sur la base de l'orientation sexuelle ou de l'identité de genre."

La résolution a été adoptée avec 23 voix pour, 13 contre, 13 abstentions et 5 absences.

Cette victoire est particulièrement importante puisqu'elle arrive après un long processus de demande de trois ans dans le sous-comité qui formule les recommandations initiales sur le statut. Malgré la conformité entière avec toutes les procédures, l'IGLHRC s’est heurtée à des reports, des interrogations homophobes et des obstacles procéduraux dans le comité ECOSOC des ONG.

La décision d'aujourd'hui a renversé un "vote sans action" ["no-action"] dans le comité des ONG qui menaçait de créer un dangereux précédent et la possibilité de refuser continuellement aux organismes jugés controversés la possibilité de voir leur demande soumise à un vote, même après avoir subi l'examen requis.

Le vote marque aussi une reconnaissance du rôle important d'une société civile diversifiée et active à l'ONU. Afin d’appuyer le progrès de la demande de l'IGLHRC, un groupe de plus de 200 ONG de 59 pays ont approuvés une lettre envoyée à tous les États membres des Nations Unies demandant un traitement équitable et non discriminatoire et appuyant l'objectif de l'IGLHRC d'amplifier les voix des personnes LGBT dans l'arène internationale.

"En tant que défenseurs des droits humains et en tant que personnes LGBT vivant dans des pays où la discrimination homophobe est une réalité quotidienne, nous célébrons l'accréditation de l'IGLHRC à l'ONU", a déclaré Frank Mugisha, président de "Sexual Minorities Uganda (SMUG)", l'une des 13 ONG de l'Ouganda à demander publiquement que l'IGLHRC soit accréditée. "L'accès de l'IGLHRC à l'ONU signifie que nous aussi nous aurons un meilleur accès aux mécanismes internationaux des droits de l'homme qui peuvent s'avérer précieux dans la vie des personnes LGBT."

Le gouvernement des États-Unis a fortement soutenu la demande de l'IGLHRC, appelant à un vote à la fois le Comité des ONG et l'ECOSOC. L'ambassadrice Susan Rice, représentante permanente auprès des Nations Unies, a publiquement appuyé la demande de l'IGLHRC. En outre, 14 membres de la Chambre des représentants américaine et 4 sénateurs ont envoyé des lettres de soutien de la demande de l'IGLHRC à tous les États membres des Nations Unies. Parmi eux figurent le sénateur John Kerry, président du Comité sénatorial des relations étrangères, et le député Howard Berman, président du Comité des affaires étrangères de la Chambre.

Cette victoire représente une continuation de la trajectoire ascendante des droits des LGBT à l'ONU. Elle permet à l'IGLHRC de participer d'une manière plus formelle en assistant aux réunions, en présentant des déclarations et en collaborant avec l'ONU et les gouvernements sur la scène internationale des droits de l'homme.

"Nous célébrons cette décision," a déclaré Toni Reis, président du groupe LGBT au Brésil, Associação Brasileira de Lésbicas, Gays, Bissexuais, Travestis e Transexuais (ABGLT) – qui, en 2009 a été la dernière organisation LGBT à recevoir le statut. "Il est crucial que les ONG LGBT aient la possibilité de participer au débat des droits de l'homme à l'ONU - bien qu'à l'avenir les organisations doivent recevoir un examen complet et juste du Comité des ONG lui-même."

Malgré les possibilités limitées qui sont offertes aux ONG non accréditées, l'IGLHRC a une longue histoire de plaider à l'ONU pour les droits de toutes les personnes, indépendamment de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. L'organisation a préconisé que les droits sexuels soient inclus dans les discussions officielles de la quatrième conférence mondiale des Nations Unies sur les femmes à Pékin en 1995; a pris la parole à la première réunion de l'Assemblée générale de l'ONU sur le VIH et le SIDA en 2001; et ces dernières années a participé à une collaboration entre les ONG et les États qui nous appuient qui a abouti à la déclaration avant-garde de 2008 de l'AGNU sur l'orientation sexuelle et l'identité sexuelle, signée par 67 États membres de l'ONU.

Les votes sur cette résolution accordant à l'IGLHRC un statut consultatif spécial ont été comme suit :

Votes pour - 23

  • Allemagne
  • Argentine
  • Australie
  • Belgique
  • Brésil
  • Canada
  • Chili
  • Estonie
  • États-Unis
  • Finlande
  • France
  • Guatemala
  • Italie
  • Japon
  • Liechtenstein
  • Malte
  • Norvège
  • Pérou
  • Pologne
  • Rép. de Corée
  • Royaume-Uni
  • Slovénie
  • Uruguay

Votes contre - 13

  • Arabie Saoudite
  • Bangladesh
  • Chine
  • Comores
  • Égypte
  • Malaisie
  • Maroc
  • Namibie
  • Niger
  • Pakistan
  • Fédération Russe.
  • Venezuela
  • Zambie

Se sont abstenus - 13

  • Bahamas
  • Côte d'Ivoire
  • Ghana
  • Inde
  • Maurice
  • Mongolie
  • Mozambique
  • Philippines
  • Rép. de Moldavie
  • Rwanda
  • Saint-Kitts-et-Nevis
  • Turquie
  • Ukraine

Absents - 5

  • Cameroun
  • Congo
  • Guinée-Bissau
  • Irak
  • Sainte-Lucie